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(interview sur Aix Panorama)

Bien entendu, chaque être humain est unique et donc chaque cas "particulier".  Mais quand les cas "particuliers" sont légion et qu'ils deviennent la norme, on peut raisonnablement s'en inquiéter.  Comme nous en avons longuement débattu par téléphone, en attendant de le faire de vive voix, en cette Provence de Pagnol que je lisais lorsque j'étais enfant, il ne s'agit pas d'une compétition quant à savoir qui de nous deux a le plus souffert, quelle est l'histoire la plus grave et "spectaculaire".  Au contraire, aucune douleur n'est comparable et toute souffrance est respectable.  D'ailleurs, lui, moi, ainsi que tant d'autres parents pour lesquels j'éprouve un sincère respect voire une certaine admiration, ne nous battons plus uniquement pour nos familles, mais oeuvrons plutôt à ce que d'autres ne vivent plus l'enfer que nous avons vécu.  Certains ont définitivement fait une croix sur leurs enfants, ce dont je ne puis singulièrement les blâmer, mais tous en conservent probablement des séquelles, aussi sûrement que leurs enfants ne sortent pas indemnes de ces expériences douloureuses.

Lorsque j'ai découvert l'histoire de Frédéric, cet homme qui comme d'autres parmi nous avait apparemment tout pour réussir dans la vie, être heureux tant sentimentalement et professionnellement que matériellement sur le plan pécuniaire, ce n'est pas son curriculum vitae à rallonges qui m'a impressionné.
Pas davantage les articles de presse à son sujet, ni ses passages à la télévision ou encore ses audiences privées au cabinet de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président pour lequel Frédéric témoigne d'un réel profond respect, d'autant qu'il est à présent élu de la république, étant adjoint au maire de sa localité.

Il faut dire qu'ayant moi-même énormément lu sur le sujet et ayant écouté tellement de situations effarantes, plus grand chose ne m'étonne à présent.

En fait, ce qui m'a le plus interpellé chez lui c'est cette interview que vous écoutez à l'instant, le nombre étonnant de similitudes entre nos histoires de vie, ainsi que l'extrême ressemblance entre nos deux analyses, dures mais sans doute réalistes, à propos de nos parcours du combattant respectifs :

  • de l'impression d'être dès le départ considéré comme un "géniteur" (terme qu'on m'attribua explicitement dès la grossesse et titre de mon récit) ;

  • de l'influence nauséabonde de la marâtre au choix du prénom (qui me fut également imposé, ainsi que le matronyme, les "parrain" et "marraine"...) ;

  • du ventre qu'on ne pouvait palper (je devais signer une promesse de "vente" - pour la modique somme de zéro franc - de la maison quatre façades fraîchement restaurée si je voulais obtenir copie des échographies) ; de la clinique qu'on ne pouvait approcher (j'ai dû mener une "enquête" pour finalement tomber par hasard sur l'endroit où la mère venait de se faire admettre pour l'accouchement), de la chambre où nous étions indésirables ;

  • de l'envie initiale de tout pardonner, d'en parler à ses amis et d'expliquer ces attitudes bizarroïdes par une sorte de "baby blue" pré ou post natal ;

  • de découvrir la personnalité cachée d'une personne que l'on croyait connaître, de subir des actes de violence psychique et physique de sa part ;

  • du choc de voir disparaître son enfant sans autre forme de procès, sans qu'aucune loi n'autorise ce genre de comportement égoïste et malsain ;

  • de l'inscription dans une école sans que l'on en soit informé et sans que l'établissement ne demande l'autorisation du père divorcé, de la rigidité des administrations pour vous fournir des renseignements basiques concernant votre enfant, lorsque vous l'avez retrouvé après avoir mené une enquête ;

  • du changement radical et incompréhensible de votre enfant qui, alors qu'il demandait à venir vivre avec vous (ou encore à venir dormir dans le grand lit de papa après qu'il vous ait raconté un conte, après vous avoir spontanément réalisé des bricolages remplis de « je t'aime »...), en quinze jours (un mois en camping naturiste dans mon cas), refuse soudainement de vous voir...  voire vous écrit une lettre sur le "conseil avisé" de sa mère, (courrier structuré en huit points qu'en l'occurrence un Procureur du Roi qualifiera de téléguidé, sans pour autant réagir en rédigeant une apostille) ;

  • du besoin de comprendre (par des lectures) en tant que "simple" parent aimant pourquoi un tel revirement a priori irraisonné se manifeste soudain ;

  • de cet état d'esprit délétère qui s'incruste dans l'inconscient du gosse, puisque l'autorité ne réagit pas immédiatement suite aux plaintes pour non présentation d'enfant(s)...  comme c'est la cas dans des dizaines de milliers d'autres dossiers, comme je m'apprête à le prouver par A+B ;

  • du sentiment de désarroi de se retrouver plongé du jour au lendemain dans des tracasseries judiciaires qu'on aurait même pas osé imaginer ;

  • des "lapins" que l'ex, parfois encouragée par son avocat(e), sort systématiquement de son chapeau à chaque avancée que vous réalisez en Justice, quitte à subitement vous accuser de maltraitance avec des sous-entendus pervers ou des faux témoignages graves et lourds de conséquences (comme quoi vous emmenez régulièrement votre enfant dans les cafés, vous conduisez mort saoul, vous la laisser croupir dans ses excréments, vous la ramenez couverte d'ékymoses, certificat médical pour "preuve", des allusions à la pédophilie, etc.), voire même des faux en écriture à l'appui ;

  • du principe de précaution qui supplante généralement la présomption d'innocence : "on ne sait jamais", tandis que la rumeur fait des ravages ;

  • du "plaisir" que l'on peut ressentir quand débarque un jour chez vous la police ou les huissiers, alors que vous n'avez rien fait de répréhensible...  sur base d'une simple accusation de pédophilie par exemple (accusation fort à la mode à l'époque en Belgique, suite à la fameuse affaire Dutroux) ;

  • des explications alambiquées que peuvent fournir ces parents pathogènes, du style « je le/la protège »...  ou encore en se retranchant derrière la volonté propre de l'enfant : « il/elle ne veut pas aller chez son papa » (encore un indice évident qui figure dans la théorie du SAP et qui devrait faire réagir les autorités) tandis que les enfants n'ont pas à décider quand il est bon ou non de respecter les dispositifs judiciaires mis en place ;

  • de cette fuite en avant perpétuelle du parent toxique, souvent très imaginatif dans son scénario, de sorte que les mois et les années passent, que le dossier devient "compliqué" (ou plutôt épais car si on prend la peine de s'y plonger on décèle très rapidement la mauvaise volonté flagrante d'une des parties)...  ce pendant que l'enfant se construit une image négative du parent exclus, au grand bonheur du parent "rapteur" qui ne demande qu'à ce que la situation s'enkyste et se gangrène, sachant pertinemment qu'on ne retire pas un enfant à un parent sans motifs graves...  surtout à une mère ;

  • de la difficulté de rester stoïque quand le système se comporte avec vous avec une violence institutionnelle incroyable...  tout en attendant que vous restiez calme et patient...  alors que chaque homme a ses limites et que notre éducation de "mâle" nous conditionne à agir et non à pleurer ;

  • de cette impression que certains rôdent à l'affût en attendant que vous commettiez la moindre erreur pour ensuite vous la reprocher et cautionner ainsi leur (in)action coupable, en stigmatisant votre attitude "véhémente" et "revendicative"...  alors qu'en dix ans de lutte parfois, après des dizaines de mois à ne plus avoir vu du tout votre enfant sans avoir commis la moindre faute lourde, il y a certainement de quoi devenir un tantinet "agressif" ;

  • du constat que ces affaires rapportent énormément d'argent à beaucoup de monde et que, contrairement à nous qui n'avons aucun intérêt ni financier ni autre dans cette histoire, hormis celui de nos enfants, certains n'ont in fine pas avantage à ce que la situation s'améliore significativement ;

  • de la collégialité des magistrat(e)s qui semblent parfois éprouver des difficultés pour contredire les décisions précédentes (et parfois absurdes) de leurs collègues qu'il ne faut surtout pas "enfoncer", en oubliant le cas échéant que leur rôle n'est pas d'être complaisant avec leurs pairs mais juste envers le citoyen justiciable qui attend de ces fonctionnaires impartialité et droiture, la Justice étant un service public au même titre que tout autre ;

  • de la difficulté pour l'institution judicaire de simplement reconnaître qu'elle a pu se tromper en se faisant abuser par un parent manipulateur ;

  • de l'impression morbide que même lorsque vous êtes arrivés à la "phase ultime", que les magistrats ont compris qu'ils ont été manipulés, que votre enfant a des chances de sombrer dans la délinquance pour certains, que tout le monde est convaincu...  ils ne savent pas quelle décision prendre, car si par hasard ils retiraient l'enfant à la mère et qu'il y avait un problème ensuite, ils en porteraient la responsabilité...  et donc ils n'osent plus bouger ;

  • du fait que l'institution ne semble pas se rendre compte qu'elle malmène nos enfants (pour certains au départ surdoués) en les baladant pendant des années (tout comme elle le fait avec nous, parents) d'assistantes sociales en psychologues, de juges en avocats, en leur faisant jouer un rôle qui n'est pas le leur car, malgré les précautions oratoires, les enfants comprennent vite que leur avis joue un rôle, sinon on ne leur demanderait rien ;

  • des conséquences dramatiques sur les enfants qui condamnent un père (et parfois une mère) qu'ils ne s'autorisent plus à aimer pour être agréables à l'institution et à leur parent "principal", tels des problèmes de positionnement dans la société, d'identité, de comportement affectif et sexuel ;

  • du fait que les parents coupables de ces agissements sont généralement parfaitement conscients du fait que leur(s) enfant(s) en souffre(nt) ;

  • de la condition sine qua non d'être le parent chez qui l'enfant réside habituellement pour parvenir à cette finalité, le système d'hébergement égalitaire alterné étant un garde-fou intéressant, d'autant que tout enfant finit par céder à la pression et choisit tôt ou tard "son camp", consciemment ou non ;

  • du profil psychologique du pervers narcissique souvent associé à ces parents "aliénants"par maints Experts internationaux...

...  la liste serait longue et ne fera que s'épaissir avec le temps je crois, au fur et à mesure de nos échanges amicaux.

Puisque d'autres parents sensés disent la même chose que moi un peu partout à travers le monde, c'est peut-être que nous n'avons pas entièrement tort !

Mais puisqu'il a parfois fallu plus de cinquante ans pour que des états démocratiques et civilisés (ou encore des autorités religieuses prônant paix et amour) reconnaissent leur indéniable responsabilité dans des génocides majeurs tels la déportation des juifs, sans parler des massacres au Rwanda...  imaginez donc ce que quelques misérables parents et leurs enfants doivent peser face à ces crimes contre l'humanité irréfutables...  malgré certains négationnismes.

 

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